Que faut-il penser de la psychose anti-soleil, surtout à un moment où on en manque cruellement… Une qui me fera toujours rire, c’est la Fondation  belge Contre le Cancer. Sa dernière plaisanterie…

en date est vraiment désopilante : elle recommande aux parents et aux professeurs de ne pas laisser les écoliers s’exposer au soleil pendant les récréations ! Elle ne va pas jusqu’à préconiser d’enfermer  les enfants en classe, mais elle conseille vivement de ne plus les laisser jouer par beau temps sans crèmes protectrices ni « vêtements adaptés ».  Le ciel est bleu ? Sortez les capuchons ! Le soleil brille ? Enfilez les pulls !  Tant qu’on y est, pourquoi pas la burqa ou la combinaison ignifuge ?

Cette psychose anti-soleil serait vraiment risible si elle n’était le reflet d’une ignorance anachronique :  de nos jours,  la science a allègrement démontré les bienfaits de notre bonne étoile. Non seulement sa lumière blanche et bleue est  bénéfique pour le moral, mais  son spectre total est excellent pour la santé, même et surtout les rayons ultraviolets ! Pourquoi ? Parce qu’ils sont les pourvoyeurs inégalés de la Vitamine D et que celle-ci a d’innombrables vertus.  Selon les recherches les plus récentes, ce nutriment essentiel protège en effet de l’ostéoporose, des maladies cardiovasculaires, du diabète et de nombreux cancers. Il préviendrait même  certaines formes de cancer de la peau !  D’après une étude  parue en 2012 dans The European Journal of Clinical Nutrition (1), un apport optimal en vitamine D réduirait la mortalité – toutes causes confondues – de près de 30 % !

Les chercheurs allemands ont procédé à la méta-analyse de onze études incluant près de 60.000 personnes qu’ils ont divisés en 4 groupes. En comparant le groupe le mieux nanti en vitamine D et celui le plus carencé, ils ont constaté une différence de mortalité toutes causes confondues de 29%  en faveur du premier !  Lorsque le taux sanguin de vitamine D descend en dessous de 30 ng/mL, le risque de décès augmente de manière linéaire, or on estime que 50% des Occidentaux se situent en dessous de ce seuil et que 40% présentent même un déficit sévère (moins de 20 ng/ml). Pour le cancer colorectal, le lien entre la mortalité et la saturation du sang en vitamine D est encore plus évident : des chercheurs japonais, qui ont publié leurs résultats dans The American Journal of Epidemiology, ont trouvé une différence de risque de 40% entre les individus les mieux pourvus et les plus démunis. Cela confirme encore une fois que le manque de soleil en hiver est un grave problème de santé publique.

Le Professeur Michael Holick, l'un des meilleurs spécialistes de la vitamine D vient  encore de publier une étude montrant l’impact positif de la supplémentation en vitamine D sur les gènes. Lors de cette étude(2), 8 personnes souffrant d’un déficit en vitamine D ont reçu une supplémentation quotidienne en vitamine D3 pendant deux mois, à la dose de 400 UI ou 2000 UI. L’expression des gènes a été analysée dans les globules blancs des 8 participants. Résultats : La supplémentation en vitamine D modifie l'expression de 291 gènes d’un facteur au moins égal à 1,5 : 82 gènes sont inhibés et 209 sont induits. Ces gènes sont impliqués dans de nombreuses voies biologiques, en particulier l’apoptose (mort cellulaire), la fonction immunitaire, le contrôle des gènes, la réponse au stress et le cycle cellulaire.  Comme le rapporte le site LaNutrition.fr,  cette étude confirme que la vitamine D est essentielle pour la santé des os, mais pas seulement.  Par manque d’exposition au soleil, une part importante de la population souffre d’une carence en vitamine D, ce qui pourrait favoriser de nombreuses pathologies : maladies infectieuses, cardio-vasculaires, désordres auto-immuns, cancers…

Certes, la carence  en cette vitamine synthétisée par la peau concerne davantage les  séniors  que les juniors. Sous nos latitudes, les déficiences  sont cependant fréquentes dans toutes les catégories d’âges.  Au lieu d’effrayer les enseignants et nos chères têtes blondes, la Fondation Contre (?) le Cancer serait  dès lors mieux avisée de promouvoir  les récrés  et le sport au soleil, au lieu de faire tout le contraire !

Yves Rasir

 

http://www.neosante.eu/accueil/je-mabonne-a-la-version-numerique-de-neosante/

NB : Dans son dossier « Le soleil, c’est la santé », la revue Néosanté n° 13 faisait le point sur les vertus de l’héliothérapie.  Les bienfaits du soleil ressortent enfin de l’ombre dans laquelle l’avaient reléguée l’industrie des crèmes solaires et les associations de dermatologues qu’elle finance en sous-main. Vous pouvez encore vous procurer ce numéro de juin 2012 dans la boutique de notre site  www.neosante.eu

 

Zittermann A., Iodice S, Pilz S, Grant WB, Gandini S : « Vitamin D deficency and mortality risk in the general population » - Am J Clin Nutr. 2012 Jan.

Influence of Vitamin D Status and Vitamin D3 Supplementation on Genome Wide Expression of White Blood Cells: A Randomized Double-Blind Clinical Trial. Arash Hossein-nezhad, Avrum Spira, Michael F. Holick. 2013. PLoS ONE 8(3): e58725. doi:10.1371/journal.pone.0058725

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