Une promenade dans la campagne du Val de Noye, sous la protection du saint patron des écoliers, des enfants sages, des marchands et… des randonneurs.

Départ du plan d’eau d’Ailly-sur-Noye, un espace de verdure et de détente pour petits et grands et où s’ébattent en toute liberté canards, oies et poules d’eau. Un site faisant aussi le bonheur des promeneurs et des pêcheurs. Enfin, c’est également dans ce cadre champêtre, que chaque été un son et lumière réputé fait revivre dans des tableaux vivants, 2000 ans d’histoire de la Picardie.

1 Prendre à gauche la route vers Berny pour franchir le pont sur la Noye. Au virage, tourner à droite rue du Biais et suivre le GR 124 traversant bosquets et pâtures.
Les GR sont des chemins de « Grande Randonnée » ainsi baptisés par la Fédération Française de Randonnée Pédestre (FFRP) car s’étirant sur de longues distances. C’est ainsi que le GR 124, sur plus de 200 km, relie le sud de l’Oise (Cires les Mello) à la Canche, petit fleuve du Pas de Calais se jetant dans la Manche à Etaples.
Au débouché sur la petite route à l’entrée de Jumel, prendre à droite et traverser le pont.

2 S’engager en face dans la rue du Général de Gaulle. Traverser la route D 920, effectuer un crochet « gauche-droite » pour entrer dans la rue Jules Verne devenant ensuite chemin.

3 À la petite route, suivre à droite sur 200 m.  
Cette route est une ancienne voie romaine, ancêtre de nos autoroutes, qui reliait Senlis (Augustomagus, le marché d’Auguste) à Amiens (Samarobriva, le pont sur la Somme). En Picardie, la voie romaine est le plus souvent appelée Chaussée Brunehaut, du nom d’une reine d’Austrasie qui les fit entretenir mais qui se distingua, tout comme sa rivale et plus farouche ennemie Frédégonde, par son extrême cruauté.    
Tourner à gauche dans le chemin menant à la route D 162. L’emprunter à gauche sur 200 m puis tourner dans le sentier à droite. À la fourche, suivre à gauche vers le bois du Boquel.

4 Au croisement de chemins, continuer en face pour suivre le GR 123.

  
5 Au bout du bosquet, tourner à gauche pour longer le bois des Ramées. Poursuivre tout droit en plaine, passer près de la ferme Saint-Nicolas. 
Cette ferme fut construite au 16e siècle à la place d’un ancien prieuré du 12e. La renommée et le culte de Saint-Nicolas, brillant évêque de Myre en Turquie au 4e siècle naquirent au début du 11e lorsque ses reliques furent ramenées à Bari en Italie. Crédité de nombreux miracles, dont la résurrection de trois bambins assassinés pour être mangés, il devint très vite l’un des saints les plus populaires. En France, dans les régions du Nord et de l’Est, lors de la nuit du 6 décembre, les enfants attendent impatiemment son passage pour déposer jouets et friandises près de la cheminée.
Rejoindre la route D 162, la traverser puis prendre en face le chemin menant à la route D 920. Effectuer un crochet « droite-gauche » pour entrer dans le chemin de l’ancienne ferme d’Ereuse. Poursuivre jusqu’au bois de Berny. Le longer par la gauche sur 1 km en laissant un layon à droite.

6 À la rencontre avec le GR 124, le suivre en face entre les bois puis en plaine. Traverser l’ancienne voie romaine puis longer la vallée du Petit Val.
Sur le GR, sont implantés une borne et un totem localisant  la « Méridienne Verte ». Un tracé imaginaire en ligne droite sur le méridien entre Dunkerque et Barcelone, jalonné de milliers d’arbres ou repéré par d’autres marques. C’est un symbole du passage à l’an 2000 et qui se veut aussi une incitation à respecter la nature. C’est également un hommage à Jean-Baptiste Delambre, amiénois de naissance et qui se distingua à la fin du 18e siècle en utilisant ce même méridien pour définir le mètre étalon.
Poursuivre jusqu’à la petite route à l’entrée de Berny. Au calvaire, continuer en face puis, au carrefour, prendre la route à gauche. Passer au monument aux morts et près de l’église* puis, au virage, tourner à droite pour rejoindre le point de départ au plan d’eau.

A VOIR AUSSI
À Ailly sur Noye
Église Saint-Martin. Reconstruite en 1893, elle abrite le tombeau en pierre noire du seigneur d’Ailly Jean de Luxembourg et de son épouse Jacqueline de la Trémouille décédés en 1466. On y voit aussi un bas-relief de 1684, un Ecce Homo du 15e siècle et de curieux fonts baptismaux hexagonaux.  
Chapelles Notre Dame de la Délivrance et Notre Dame de Grâce.
À Jumel 
Église Notre-Dame du 17e siècle.
Chapelle de la Vierge mi 19e siècle.
Bienvenue à la Ferme : Au Fil de l’Angora (élevage de lapins).
 
J. Defretin
 
CARTE DU CIRCUIT (13 km)

* Voir l’article ci-après “ Ça roule très mal pour le curé de Berny !” publié le 29.03.2008 dans la catégorie “Rétro”

Contact :
Office de Tourisme du Val de Noye, Place Charles de Gaulle BP 36 80250 Ailly sur Noye. Tél. 03 22 41 58 72 – Fax 03 22 41 13 83. E-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

 

PARTI PRIS En randonnée 01
Sur les terres de Saint-Nicolas 1/1 06.12.2008

Ça roule très mal pour le curé de Berny !
N’en faisant qu’à sa tête, à une époque où il valait mieux se montrer discret, l’abbé finit par perdre la sienne. Dans la soirée du 5 Messidor an II (23 juin 1794), la tête du curé de Berny roule en effet dans le panier de la sinistre machine de Monsieur Guillotin à la Barrière de Vincennes. Son corps est ensuite jeté dans la fosse commune du cimetière de Picpus. 
LE DON CAMILLO DU 18e SIECLE
En 1777, arrive dans la paroisse de Berny-sur-Noye un jeune prêtre, Jean-Baptiste Retourné, né trente et un ans plus tôt dans la modeste chaumière d’un laboureur à Contre près de Conty. Entré au séminaire d’Amiens en 1767, ordonné trois ans après, il se retrouve, d’abord chapelain de l’Hôtel-Dieu puis abbé à Fresnoy-au-Val avant de rejoindre la cure de Berny. Là, il y exerce son ministère et officie sans histoires, même lorsque commence la tourmente révolutionnaire. En 1791, ayant prêté serment à la Constitution Civile du Clergé, il devient prêtre constitutionnel appelé alors « jureur ». À ce titre, il perçoit un traitement de l’État qui, ajouté à ses revenus personnels, lui procure une certaine aisance. Tout va pour le mieux.
Pourtant, trois ans plus tard, les premières tensions apparaissent entre le curé et les élus communaux. Les choses se gâtent. Il les accuse d’incivisme tandis qu’eux lui reprochent sa conduite anti-révolutionnaire. Le torchon brûle souvent entre l’ecclésiastique devenu citoyen et les purs laïques locaux. Mais rien ne bouge vraiment encore.
C’est alors que le 25 Germinal An II (14 avril 1794) surgit une nouvelle crise qui lui sera fatale. Ce jour-là, il refuse énergiquement d’héberger deux soldats accompagnant des commissaires venus recenser grains et fourrage dans la région. Malgré l’ordre de réquisition, il s’entête et jette le billet de logement. Le ton monte, il profère injures et menaces, allant jusqu’à lancer cette remarque pleine de sous-entendus « patience, ça se passera ». C’en est trop. Tout va alors très vite. Arrêté dans son église devenue le « Temple de la raison », il est conduit sous bonne garde à la prison de Montdidier. Son dossier est ensuite transmis au Tribunal Révolutionnaire de Paris qui l’écroue à la Conciergerie. Le 5 Messidor (23 juin) il comparaît devant ses juges. Le verdict tombe, il est accusé « d’avoir employé des manœuvres tendant à exciter des troubles dans la commune qu’il habitait, y faisant à cet effet des instructions séditieuses et en tenant publiquement des propos contre-révolutionnaires et fanatiques ». Il n’en fallait pas tant, c’est la mort ! Le soir même, Jean-Baptiste Retourné est guillotiné. Il avait 48 ans !
UN NAVIRE SANS CAPITAINE !
Construite en pierre blanche de pays au 15e siècle, l’église est dédiée aux trois saints : Fuscien, Victoric et Gentien. Sa nef, à la voûte en carène de bateau et coiffée d’un clocher à auvents, est moins élevée que le chœur. En façade de tribune, un tableau en trompe-l’œil, vraisemblablement du 18e siècle mais non signé, est réapparu lors d’une remise en valeur par une association locale.
Tous les curés qui succédèrent à J.B. Retourné dans cette paroisse y vécurent heureusement des jours plus paisibles. Et, de nos jours, pareil événement ne s’y produirait plus car, ainsi que dans de nombreux villages voire de bourgs, ce lieu de culte ne dispose plus de prêtre attitré !
J. Defretin


 

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