Une agréable promenade dans une verdoyante campagne du Val de Noye, aujourd’hui bien paisible mais qui se souvient encore des horreurs de la Grande Guerre !

Départ de la place de la mairie de Grivesnes (*) .
 

Prendre à gauche la rue face au château pour rejoindre la route D 26.

Comme l’évoquent les sept plaques commémoratives sur le mur près de la grille d’accès au château, de violents combats s’y déroulèrent ainsi que dans le parc, lors de la grande offensive allemande du printemps 1918 (*). 

1 À la route, au monument aux morts, la suivre à droite sur 200 m. Au carrefour, entrer dans le chemin à gauche. Avant la fourche, tourner à droite pour suivre le chemin qui s’incline à gauche. À la fourche, bifurquer à droite vers Septoutre, hameau de Grivesnes

Au débouché sur la petite route, la suivre en face. Passer à la chapelle et au château. 
Dédiée à Saint-Léonard, datant sans doute du 17e siècle, cette chapelle qui ressemble plus à une petite église comporte des murs en pierre, une façade et des piliers en brique ainsi qu’un campanile abritant une cloche de bronze. 
Le château date du 18e siècle.
Continuer sur la petite route qui longe le Bois Fermé.
 
À l’intersection, prendre à gauche sur 200 m puis entrer dans le chemin à droite. Suivre la lisière du Bois des Sorbiers, traverser le Bois de Saint-Pierre en ignorant les layons et continuer en plaine.

Ce nom de layon est donné aux sentiers quadrillant les bois et les forêts.

3 À la croisée de chemins, prendre celui à gauche vers la Vallée de Coullemelle. Longer le Bois du même nom et poursuivre dans la plaine vers Coullemelle en laissant les chemins adjacents.

4 Au débouché sur la route D 188, poursuivre en face jusqu’au  carrefour avec la route D 109 près de l’église. Tourner à gauche pour traverser le village par la rue du Gageolet.
 
Cette église type « Art déco », dédiée à Saint-Nicolas et d’origine 16e siècle, fut rasée en 1918 par l’artillerie allemande. Reconstruite en 1924, elle présente trois nefs parallèles et une abside. Les peintures en camaïeu ocre et les mosaïques rappellent l’Art Byzantin. 

5 À l’oratoire, entrer dans le chemin à gauche vers la Vallée de Grivesnes.

Faisant face à une croix nichée dans les tilleuls, cet oratoire en brique portant une statue de la Vierge remplace une chapelle détruite en 1918.
 
À la fourche, bifurquer à gauche puis encore à gauche. À l’intersection, prendre à droite, longer le Bois de Coullemelle puis traverser entre ce Bois et le Bois Planté en laissant les layons. À la lisière, continuer en face dans la Vallée de Languéron se terminant par un larris.

Le larris est l’appellation picarde de certains coteaux calcaires où, autrefois, paissaient les ovins et gambadaient les lapins de garenne. Leur action conjuguée freinait ainsi le développement de la végétation habituelle, au profit de celui d’arbustes et d’une flore adaptés, attirant les oiseaux, libellules et papillons.

6 À la fourche inversée, suivre en sens inverse le chemin à droite emprunté à l’aller pour rejoindre le point de départ.
 
Toute proche de la place, se dresse l’originale église Saint-Aignan, évoquant l’église turque Sainte-Sophie à Istambul (*).
 

À VOIR AUSSI
 
À Grivesnes
Stèle (*)
Croix en fer sur un socle de pierre 
Chapelle Saint-Aignan. Plantée au milieu du cimetière, là où se trouvait l’église d’un ancien village proche de Grivesnes, cette chapelle, reconstruite en 1925 en brique, présente sur sa façade une belle crucifixion en mosaïque.
 
À Ainval (hameau de Grivesnes)
Église Saint-Martin (17e siècle)
Pigeonnier.

 

À Coullemelle.
Calvaire au cimetière (1925) comportant sur le socle, les noms des tués des deux guerres.
 
Puits restaurés et fleuris 
Deux pigeonniers d’anciennes fermes.
 
J. Defretin
 

CARTE DU CIRCUIT (9 km) 

 
(*) Dans les « Compléments » ci-après, figurent les articles édités dans une « Spéciale Grivesnes », à l’occasion du 90e anniversaire de la bataille du printemps 1918. 

Contacts :
Office de Tourisme du Val de Noye, Place Charles de Gaulle BP 36 80250 Ailly sur Noye. Tél. 03 22 41 58 72 – Fax 03 22 41 13 83. E-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
 
Dans les bois et les vallées  1/1                        Juin 2008
                     


Compléments   
Articles parus dans la série « Spéciale Grivesnes » à l’occasion du 90e anniversaire de la bataille du printemps 1918.

Une marraine normande!
Après avoir subi les horreurs de la Grande Guerre, Grivesnes sut apprécier la générosité que lui manifesta la ville de Rouen.
Six plaques apposées sur le mur près de la grille d’accès au château, commémorent les combats acharnés qui se déroulèrent ici au printemps 1918.
Plus pacifique, bien qu’étroitement lié à la Première Guerre mondiale, un autre souvenir se remarque à la mairie, dans l’escalier menant à la salle du conseil. Gravée dans le marbre s’y lit l’inscription « Cette plaque a été apposée en témoignage de la gratitude de Grivesnes envers sa marraine la ville de Rouen pour la participation généreuse qu’elle a prise à sa Renaissance »
Pourquoi cet hommage d’un petit village picard à une grande cité normande ? L’explication est simple.
LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES !
Si, le 11 novembre 1918, la signature de l’armistice  mettait fin à l’horrible tuerie, l’heure était venue de constater les dégâts et dévastations occasionnés par ce conflit… et ils étaient impressionnants.
N’écoutant que leur sentiment patriotique, quelques grandes villes n’ayant pas ou peu souffert des mêmes faits, s’empressèrent d’aider les régions ayant payé, elles, un lourd tribut à la guerre.
Par un heureux hasard, le village accueillit le préfet de la Somme qui, antérieurement, était affecté en Seine-Maritime. Usant de ses relations, le représentant de l’Etat sut rapidement convaincre le conseil municipal rouennais de choisir Grivesnes comme filleule. Une décision qui ne fut pas seulement symbolique car les aides tant financières que matérielles permirent une renaissance rapide du village.
C’est ainsi que le 21 septembre, lors de l’inauguration d’une nouvelle mairie école, la plaque commémorative portant hommage était dévoilée.
Le soutien de la ville de Rouen se manifesta encore longtemps, notamment lors de la souscription pour le monument aux morts élevé en 1931. Depuis, les relations se sont estompées mais une « Place de Rouen » à Grivesnes  et une « Rue de Grivesnes » à Rouen continuent de témoigner de la grande solidarité à cette époque de la capitale de Haute-Normandie.
J. Defretin

Feu !
Si à Pâques, comme la tradition le veut, les cloches de Grivesnes sonneront à toute volée, il n’en fut pas de même lors du funeste printemps 1918.
Ce jour-là, elles restent muettes. Le joyeux tintement des carillons s’est effacé devant les tirs incessants des canons, le lugubre sifflement des obus et des balles, le fracas assourdissant des explosions. L’ordre d’ouvrir le feu avait été donné à l’aube du 21 mars.
Depuis les revers de 1917, un calme relatif règne sur les tranchées  de la Somme. Les deux camps s’observent et attendent, le moral n’y est plus. Un front défensif s’est installé de part et d’autre, dont la fameuse ligne Siegfried créée par le Maréchal Von Hindenburg. Pourtant les choses changeront bientôt.
Le général Ludendorff, chef suprême des armées allemandes décide de lancer une grande offensive vers Amiens, décisive espère t-il. Sa stratégie se base sur plusieurs éléments qui lui sont favorables. Dès la mi-février 1918, son potentiel humain s’est fortement renforcé avec l’arrivée de 42 divisions dégagées du front russe après le traité de Brest-Litovsk. Il connaît bien aussi les faiblesses de l’ennemi ; ses intérêts divergents, les Anglais voulant rejoindre la Manche, les Français voulant défendre Paris et son double commandement souvent discordant. Le général allemand veut également s’engager avant l’arrivée massive des américains, venant d’entrer dans le conflit. C’est au point le plus fragile qu’il attaquera, à la jonction des deux armées adverses.
Quand l’offensive se déclenche, l’effet de surprise est total chez les Alliés. Après les pilonnages réitérés de l’artillerie (plus de 650 000 obus furent tirés) et les assauts successifs de l’infanterie, nos lignes sont vite percées. L’ennemi avance inexorablement, nos troupes décrochent. C’est alors que le 29 mars, tombe l’ordre de l’État-major, disposant enfin d’un commandement unique confié au généralissime français Ferdinand Foch « il faut tenir à tout prix » ! La confiance revient. Subjuguées, les forces alliées se reprennent. La retraite s’arrête, régiments et bataillons s’organisent et, peu à peu les combats s’équilibrent.
AU CORPS À CORPS
À Grivesnes, important point stratégique visé par les Allemands, se déroulent des combats acharnés, maison par maison, cave par cave, jardin par jardin. Lors de cette lutte sans merci, le 350e Régiment d’Infanterie ainsi que le 19e Bataillon de Chasseurs à pied du commandant Ducornez s’illustrent particulièrement. Pendant trois jours, cernés, retranchés dans le château où tout sert à se barricader, les soldats français, à un contre six, résistent héroïquement. C’est souvent au corps à corps qu’ils se battent avec les grenadiers de la Garde Impériale du général Von Hutier ayant envahi le parc. Le château, lui, ne tombera jamais aux main de l’ennemi !
Si la guerre n’était pas finie pour autant, cette héroïque résistance participa à la stabilisation du front avant la grande contre-offensive du mois d’août. Et, quelques mois plus tard, sonnait la victoire qui mettait fin à quatre tragiques années de désolation et au cours desquelles des millions d’hommes périrent ou furent mutilés à jamais ! 

Près de la grille d’accès au château, sept plaques commémoratives évoquent cet épique et tragique épisode de la Première Guerre mondiale.
Sur une stèle, élevée en juin 1970 dans le village et reprenant toutes les unités engagées, on peut lire « Les survivants français et allemands des durs combats livrés à Grivesnes au printemps 1918, ont fait graver cette inscription en hommage à leurs camarades morts au champ d’honneur en luttant pour leur patrie et en témoignage de l’esprit de réconciliation et d’amitié qu’ils souhaitent voir régner désormais entre leurs deux pays ».
Le rapprochement était en marche !
J. Defretin

Une église originale
Pendant cette semaine commémorative, messe, expositions, chants et musique animeront l’église de Grivesnes… qui ne passe pas inaperçue.
Ici, comme le château, l’église subit d’importants dommages, en particulier lors des combats de 1918. Une autre facette de son histoire, déjà quelque peu mouvementée. Ce lieu de culte présente en effet un aspect aussi pittoresque et original que l’était celui qui fut à l’origine de son édification.  
C’est en 1837, de retour d’un voyage en Asie Mineure, que le comte Antoine, Louis, Gabriel de La Myre décida d’ériger une chapelle privée dans son village, à ses frais mais aussi à son goût. Inspiré sans doute par son séjour à Istanbul, l’ancienne Constantinople ayant elle-même remplacé Byzance, il la voulut à l’image de l’église turque Sainte-Sophie. C’est ainsi que les frères Duthoit, réputés maitres-d’œuvre la coiffèrent d’un dôme voûté et l’ornèrent de nombreuses fantaisies architecturales. Certains y voient même la silhouette d’une mosquée ! Dédiée à Saint-Aignan, qui fut évêque d’Orléans à la fin du 4e siècle, l’église fut cédée au clergé en 1862.
Le chœur abrite une réduction de la « gloire » ornant la cathédrale d’Amiens ainsi que des autels latéraux. À la tribune trône un orgue de qualité, construit au 19e siècle par le célèbre facteur d’orgues français Cavaillé-Coll. 
Si cette partie de l’église actuelle porte bien l’empreinte de son bienfaiteur, il n’en est pas de même de son clocher. Ce n’est en effet qu’après la mort du châtelain qu’il fut érigé avec trois carillons car « le tintement cristallin des cloches déplaisait souverainement à Monsieur le comte ! ».
Plus excentrique que ça… tu meurs !
SAUVONS L’EGLISE !
Après les outrages de la Grande Guerre, l’église fut reconstruite mais bientôt connut les outrages du temps. Les soucis commençaient. Dès 1950, peu à peu le dôme et les murs se dégradèrent sous l’influence des eaux de pluie. Rafistolé tant bien que mal, l’édifice se dirigeait tout droit vers un inexorable délabrement. Les élus locaux tentèrent alors toutes les démarches possibles auprès des organismes pouvant octroyer des subventions. En vain !
Heureusement, grâce à leur opiniâtreté, en septembre 2003, l’église était inscrite à l’inventaire des monuments historiques puis en mars 2005 à leur patrimoine. L’espoir renaissait ! Depuis, l’affaire évolue doucement. Quelques signes prometteurs se manifestent de temps à autre mais encore insuffisants pour redonner tout le moral aux Grivesnois.
J. Defretin

Le jour de gloire…!
Émouvante allégorie, inspirée de notre Marseillaise, que ces drapeaux militaires levés vers la « gloire » ornant le chœur de l’église de Grivesnes, pendant l’office religieux du dimanche de Pâques.
Ce faisceau de rayons dorés, symbolisant le soleil, sortant des nuages et entourant le cœur du Christ est une fidèle reproduction de la gloire que les frères Duthoit, Aimé et Louis, célèbres maîtres sculpteurs amiénois, créèrent au 19e siècle pour leur cathédrale.
Cette messe, célébrée par un aumônier militaire pour toutes les victimes de la Première Guerre mondiale, constituait l’un des temps forts de la semaine de cérémonies et de manifestations, commémorant les combats qui se déroulèrent dans la région au printemps 1918. Meurtrière, ayant aussi connu de nombreux faits d’armes, cette bataille, dite de Grivesnes, aida surtout à stopper la formidable offensive allemande du général Ludendorff. Ce qui permit aux Alliés de préparer et de lancer une puissante contre-offensive qui, quelques mois plus tard mena notre pays à la victoire !
 
C’est en effet le 11 novembre 1918, vers onze heures du matin, que le caporal-chef clairon Sellier sonna ce que tous attendaient depuis 1561 jours : le cessez-le-feu. La tuerie se terminait !
Lors de la cérémonie religieuse, chaque fidèle ne manqua sans doute pas d’avoir une pensée émue pour Lazare Ponticelli, le « der des der », l’ultime poilu français qui vient de nous quitter à 110 ans, un âge à peine croyable compte tenu de ce qu’il vécut. Ce jour béni du 11 novembre, le légionnaire et les camarades qui, comme lui avaient survécu à l’horrible tragédie, pensaient bien que c’était « la dernière ». Hélas ! Quelle désillusion vingt ans plus tard !
Pourtant, de toute évidence, un devoir de mémoire s’impose pour ceux qui donnèrent leur sang pour la patrie ou grossirent les rangs des « gueules cassées ». Notre hymne national avec « le jour de gloire est arrivé »  est là d’ailleurs pour le rappeler. Mais, bien que l’époque soit plus à la réconciliation qu’à l’affrontement, espérons quand même ne plus jamais devoir entonner, pour de vrai, un sinistre « Aux armes, citoyens » !
J. Defretin


 
 

 
 

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