Combien d’arrangements, de « marché conclu », de « Tope-là » se scellèrent autrefois à la fin d’un bon repas… ou d’un copieux banquet, souvent bien arrosés. Il n’était pas rare en effet que nos aïeux, faisant fi du notaire ou de tout autre tabellion choisissent ce moment, ils disaient alors « Entre la poire et le fromage » pour convaincre et « emporter le morceau ». Repu, la panse bien pleine, le cerveau s’embuant dans la torpeur des premiers effets de la digestion, un concurrent ou un adversaire s’avère alors moins méfiant ou redoutable.
Si la formule ne prête guère à redire, une certaine confusion apparaît toutefois avec la construction de cette vieille expression populaire, bouleversant l’ordonnancement actuel du menu en plaçant la poire avant le fromage. De nos jours en effet, les produits parfumés des vergers sont le plus souvent servis après ceux non moins odorants de la ferme. Alors, n’aurait t-on pas du plutôt dire « Entre le fromage et la poire » ? Eh bien non ! C’est bien sous cette première version que la locution nous est venue du passé.
Si jadis, les grandes tables dressées chez les seigneurs et les nantis, regorgeaient de viandes, venaisons et autres gibiers, les légumes s’y faisaient rares. Ces plantes potagères vertes ou séchées se trouvaient à cette époque plus souvent dans l’écuelle des manants que dans la belle vaisselle d’or, d’argent ou de vermeil des gens fortunés. Par contre les fromages, dont notre pays était déjà très pourvu, s’y taillaient la part belle. Mais, pour bien les apprécier, il s’avérait souhaitable de soulager le palais empreint  des mets précédents souvent très épicés. Pour ce, il était d’usage en ce temps de se le rafraîchir avec la pulpe juteuse d’une poire qui réveillait les papilles des convives avant de poursuivre les agapes. Ce que nous faisons plutôt aujourd’hui avec une salade ou moins sobrement avec le « trou normand » Pourquoi alors à cette époque, ces bambochards et ripailleurs préféraient déguster un fruit ? Oh ! ce n’est certes pas parce que les boissons manquaient à table. Mais c’était ainsi. À moins que ce choix venait simplement du fait que, comme l’on mangeait avec les doigts, lorsqu’ils dégoulinaient de sauce il était peu commode de saisir la coupe ou le hanap.
Depuis longtemps cette coutume a disparu. Les couverts, serviettes ou rince-doigts permettent en effet de saisir nos verres à tout moment du repas. Par contre, l’expression n’est pas tout à fait tombée aux oubliettes. Mais, autres temps, autres mœurs, si de nos jours on discute toujours à table, il s’agit plus de futilités que de problèmes sérieux !
J. Defretin

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