« Ah ! qu’il est doux de ne rien faire

Quand tout s’agite autour de nous »…
chante t-on dans Galatée, un opéra comique de Victor Massé (1852).
Lorsqu’au printemps pointent les premiers beaux jours, la nature s’éveille, les nuits raccourcissent et le soleil commence à darder ses rayons. Toutefois... 
Il faut encore un peu de patience avant de quitter ses tenues d’hiver car, ainsi que le cite le dicton, « en avril ne te découvre pas d’un fil ». Et si « en mai, fais ce qu’il te plaît » ce n’est vraiment qu’en été qu’on peut endosser de légers vêtements pour apprécier au mieux le repos et le doux farniente. Quoi de plus délassant en effet qu’une douce sieste, allongé dans le sable, sur une chaise longue ou dans un hamac, abrité sous un parasol ou une ombrelle ? 
Ce qui, au 19e siècle, inspira cette parodie à un certain Jouy, illustre inconnu mais qui ne manquait pas d’esprit « Voici l’été, épousez une femme ombrageuse » !
 
COMPAS OU CANON
Si certains dénomment cette façon de vivre la « dolce vita », d’autre préfèrent utiliser  l’expression plus colorée « Coincer la bulle ». Une image digne des plus belles allégories car, aussi adroit soit-on, il paraît bien chimérique de pouvoir bloquer, immobiliser ou coincer une bulle, fut-elle de champagne. 
Comme souvent avec ces anciennes locutions populaires, offrant une part de mystère, plusieurs explications sont avancées quant à son origine. Parmi les plus fantaisistes, celle pensant à enchâsser un message papal n’est sûrement pas à retenir. De même, cette petite perle, si l’on ose dire, qui consisterait à serrer les fesses pour ne pas lâcher un bruit incongru, n’est guère plus crédible. 
Des différentes versions, la plus vraisemblable semble émaner soit du jargon scientifique soit de l’argot militaire, tous deux employés avant la seconde guerre mondiale. Que ce soit en effet à l’école de géodésie Baille pour les instruments d’astronomie ou à l’armée pour les régleurs balistiques des mortiers, les futurs savants ou les artilleurs éprouvaient les mêmes difficultés à fixer la petite bulle entre les repères de leurs niveaux. Mais, dans les deux cas, lorsque les appareils étaient enfin réglés, il ne restait généralement rien d’autre à faire qu’à observer et attendre. 
Ce qui, souvent, engendre la détente voire une douce somnolence. C’est ainsi, pense t-on, que la périphrase aurait vu le jour. Par contre vint-elle de l’école à l’armée ou de l’armée à l’école, là il est difficile de trancher !
 
DÉTENTE ET NON PARESSE !
Cette acception donnée à l’expression « coincer la bulle », de même qu’à ses versions modernes et raccourcies « buller » ou « se la coincer », sont ainsi devenues symboles d’une personne qui se repose, qui n’entreprend rien ou encore qui lézarde, comme aime le faire au soleil le petit reptile.
Attention toutefois de ne pas tomber dans les bras d’Acédia qui, jadis, symbolisait   l’oisiveté, l’un des sept péchés capitaux duquel Caton disait au 3e siècle qu’elle est la mère de tous les vices !  
D’autres clichés populaires, apparus peu à peu, imagent le repos, l’indolence, voire la paresse. C’est ainsi qu’à la gamme des « avoir la cosse, la flemme, la rame, un poil dans la main » s’ajoutent les « glander, ne pas se fouler, ne rien fiche, se la couler douce, se tourner les pouces » et bien d’autres encore que ceux qui, aimant « bayer aux corneilles » ou « se les rouler », eurent tout le temps d’imaginer !
Des attitudes qui n’ont rien à voir avec le « repos du guerrier » qui est loin, dit-on, d’être une sinécure. 
Mais ceci est une autre histoire !
 
D'après JDEF
 
 

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