Prendre la balle au bond, qui va à la chasse perd sa place… ces expressions viennent bien…

du jeu de paume. Les jeux de paume ont connu une extraordinaire popularité au début du XVIème siècle. L’engouement pour ce jeu peut se mesurer par quelques chiffres ou de nombreuses références littéraires. Les chiffres les plus éloquents concernent le nombre de jeux de paume répartis sur tout le territoire. Par exemple, à la fin du XVIème on ne dénombrait pas moins de 250 terrains de jeux de paume à Paris.

En Picardie, les jeux de paume se pratiquent toujours. Ils sont même désignés comme des sports traditionnels picards au même titre que la pelote basque par exemple. Ces sports se pratiquent au sein de clubs reconnus par leur fédération. Ainsi, en Picardie, on peut pratiquer le ballon au poing, la longue paume et la balle à la main.

Les jeux de paume sont à l’origine de nombreuses expressions proverbiales ou populaires. Dans la plupart des cas, leur origine est souvent oubliée et leur sens parfois altéré, mais leur passage dans le langage courant témoigne de l'extraordinaire popularité passée de ces jeux.
 
Prendre la balle au bond
Prendre la balle au "bond", c'est saisir la balle avant le "rebond" au sol : à la volée. Maîtriser ce coup était le gage de la qualité et de la vivacité d'un joueur. Dès la Renaissance, l'expression est utilisée pour désigner "l'esprit vif" d'un interlocuteur lors de différents échanges verbaux.
 
Qui va à la chasse... perd sa place
La "chasse" est un point particulier du jeu de paume. Lorsque cette chasse est obtenue, les joueurs changent de côté. Le joueur au service... "perd sa place" favorable. L'origine de cette expression ayant été oubliée, elle a pris par la suite un tout autre sens.
 
Tomber à pic
Si la balle tombe au pied du mur du fond, côté dedans, elle marque une chasse "pic". Avoir la possibilité de réaliser ce point, à certains moments décisifs de la partie, assure un avantage indéniable au joueur l'ayant réussi. "Tomber à pic", c'est donc faire le bon point au bon moment.
 
Rester sur le carreau
Le sol d'un jeu de paume était autrefois constitué de carreaux, qui auraient donné le nom au sol même du jeu. L'expression "rester sur le carreau" est devenue symbole de la chute de l'adversaire. Soit qu'il tombât en voulant rattraper la balle, soit simplement qu'il perdit la partie.
 
Épater la galerie
Les galeries sont les espaces couverts ceinturant le jeu de paume où se tenaient les spectateurs. A partir de la Renaissance, la galerie désigne les spectateurs. Épater la galerie signifie disputer une partie en suscitant une admiration à en couper les jambes : "é-patter".
 
Jeu de main, jeu de vilain
Joué d'abord à main nue, le jeu de paume évolue à la fin du Moyen-Age vers un jeu de battoirs ou de raquettes. La raquette et le battoir étant des objets d'un certain prix, leur usage est réservé à la "noblesse". Pour les "vilains", c’est-à-dire les gens du peuple qui n’avaient pas les moyens d’acheter  une raquette, le jeu reste un "jeu de main".
 
Avoir l'avantage
Être à un point de gagner le jeu. La formule passée dans le langage courant est issue du jeu de paume. Elle est toujours utilisée dans le comptage des points au tennis. Le mot de "tennis" lui même proviendrait de "Tenetz" employé à la paume pour avertir l'adversaire avant de servir.
 
Bisque, bisque, rage !
Une "bisque" est un "point gagnant" dont le joueur peut bénéficier une fois dans la partie au moment de son choix. Le gain du point, et souvent même du jeu, par l'usage de cette sorte de "joker", entraîne bien souvent la rage et le dépit de l'adversaire. Cet usage est quasi abandonné.
 
Peloter
Peloter désignait le fait de jouer à la paume sans compter les points, pour le plaisir. C'est le jeu avant la partie. Certains auteurs ont repris les termes de la paume pour relater de manière elliptique les badinages de l'amour et certains mots sont ainsi passés dans le langage familier.
 
Les enfants de la balle
A l'origine, "les enfants de la balle" sont les enfants des Maîtres paumiers. Leur adresse proverbiale les a immortalisés. A partir du XVIIe siècle, les enfants de comédiens utilisant les salles de jeu de paume pour leurs représentations deviennent  aussi des "enfants de la balle".

Agence pour le Picard
www.languepicarde.fr

Lettre d'infos

Recevez la lettre d'informations du vendredi!

Nom:

Email:

Voir aussi

Proposez votre info

Vous souhaitez nous proposer un contenu à placer dans une des rubriques du site? Soumettez-nous vos informations!

Identification

Joomla ExtensionsBangla MusicDrupal Moduleswordpress pluginsBangla NewspaperDownload Online VideoWeb DevelopmentPhp Programming