RosettaLa sonde Rosetta est arrivée à destination après avoir parcouru pas moins de 6,5 milliards de kilomètres...

10 ans et demi, c'est la durée du voyage de Rosetta (la sonde) et Philaé (l'atterrisseur). C'est en effet le 2 mars 2004 que la sonde s'est lancée dans une course folle pour rattraper la comète Churyumov-Gerasimenko (67P de son petit nom).

Au programme du voyage : billard spatial, séance d’observation, sieste méritée, réveil, échauffement, séances de prises de vues, lancer (en douceur) de poids, radiographie et j’en passe…

Le 12 novembre, la sonde Rosetta a atteint son objectif de « déposer », à la surface de la comète, Philaé qui va réaliser pour la première fois l’étude en surface d’une comète.

Au-delà de la prouesse technique de déposer un module sur une comète à plus de 500 millions de kilomètres après un voyage de dix ans, le projet de 1,3 milliard d’euros a pour objectif d’étudier la composition d’une comète et notamment des particules carbonées qui pourraient être à l’origine de la vie sur Terre.
"Les comètes ont pu apporter ces macromolécules sur notre planète et contribuer ainsi à l'émergence de la vie" précise Francis Rocard, responsable du programme Rosetta au CNES.
"Les comètes sont les objets les plus primitifs du système solaire. Elles ont vécu l'immense majorité de leur vie très loin du Soleil.
Leur matériau n'a pas chauffé et n'a pas été modifié de ce fait", poursuit M. Rocard. "On a donc conservé au congélateur, depuis presque 4,56 milliards d'années, le matériau originel qui a constitué également les corps planétaires, les astéroïdes, etc."

Une aventure heureuse qui fait du bien par ces temps de morosité ambiante et qui nous rappelle qu’avec de la volonté et une grande coopération (projet européen ayant mobilisé 500 ingénieurs et scientifiques dont 150 Français), on peut venir à bout de défis extraordinaires.

Un pied de nez également à l’accélération du temps que nous vivons au quotidien avec un besoin toujours croissant de résultats instantanés. 10 ans et demi pour atteindre l’objectif, 31 mois de sommeil… A méditer…

Quelques précisions sur la mission :

Billard spatial
Aucun lanceur n’étant capable avec la technologie d’aujourd’hui de donner une vitesse suffisante à la sonde pour rattraper la comète lors de son passage au plus près de la Terre, il a fallu imaginer une autre solution pour donner assez de vitesse à Rosetta. On a donc utilisé la technique de l’accélération gravitationnelle en calculant une trajectoire avec laquelle la sonde croiserait des planètes qui lui donneraient de l’énergie pour accélérer. C’est d’abord après avoir côtoyé l’orbite de la Terre autour du soleil pendant un an, que la première « impulsion gravitationnelle » lui a été donnée par la Terre elle-même. Presque deux ans après, c’est Mars qui lui a donné le deuxième coup de pouce. Elle a ensuite recroisé 2 fois la Terre qui a achevé de la pousser en novembre 2009 vers sa destination finale. Ces différentes prises d’élan lui ont permis de se lancer dans la course-poursuite à grande vitesse pour rattraper la comète 67P.

Lien: La trajectoire en image 

 

Asteroide LutetiaSéance d’observation
Pour ne pas qu’elle s’ennuie pendant le voyage, on lui a confié des devoirs… Aussi, pendant son trajet, elle a pour mission d’observer des astéroïdes quand elle en croise.
En septembre 2008, c’est Steins qui le premier a été observé, puis en juillet 2010, le second : Lutetia.

Liens: Steins et Lutetia 

 

Sieste méritée, réveil et échauffement
Des panneaux solaires pour l’alimentation électrique, c’est bien. Mais que faire quand on arrive à une distance de plus de 800 millions de kilomètres du soleil, au-delà de l’orbite de Jupiter, et que l’énergie puisée par les capteurs ne suffit plus à alimenter tous les appareils ? Seule solution : se mettre en sommeil profond. C’est ainsi qu’en juin 2011, la sonde Rosetta a été placée en hibernation dans l’espace lointain, en attendant que sa trajectoire la rapproche de sa source d’énergie. Après une petite sieste de 31 mois, rien que ça, elle s’est réveillée et a repris contact en envoyant un message. Inutile de préciser que sur Terre, alors que la sonde était revenue à « seulement » 673 millions de kilomètres, le signal était très attendu par tous les membres du projet qui n’avaient aucune visibilité pendant toute la durée de l’hibernation… Soulagés de retrouver leur bébé (de plus de 10 ans tout de même !), ils ont alors pu procéder aux vérifications et au rallumage de tous les systèmes après les avoir réchauffés. Tout pouvait maintenant être mis en œuvre pour préparer la rencontre.

 

Séances de prises de vues
Depuis mai 2014, alors qu’elle était encore à 2 millions de kilomètres de sa cible, Rosetta nous envoie régulièrement des images de la comète. Ces clichés mettent environ 30 minutes pour nous parvenir… raisonnable pour les quelque 500 millions de kilomètres à parcourir… ;-)

Lancer de poids
C’est hier que le poids (100 kg) largué par Rosetta s’est posé sur le cœur de la comète. Il s’agit de l’atterrisseur Philaé qui embarque tout l’équipement nécessaire à analyser l’environnement et le sol de la comète (jusqu’à une profondeur de 30 cm). Il est capable non seulement de réaliser des prélèvements mais surtout de les analyser grâce à son laboratoire embarqué. Il n’est effectivement pas prévu qu’il revienne…
A l’heure où nous écrivons ces lignes, une incertitude demeure sur la capacité de Philaé à mener à bien sa mission. En effet, lors de son atterrissage, les harpons nécessaires à son ancrage sur la comète ne semblent pas s’être correctement arrimés sur le sol peut-être trop friable… Après deux rebonds, il semble s'être stabilisé contre un gros bloc ou une paroie faisant de l'ombre et compliquant donc la recharge des batteries... Croisons les doigts…

Radiographie et plus encore
La sonde Rosetta, restée quant à elle en orbite autour de la comète, va communiquer avec Philaé en utilisant un système d’ondes qui vont traverser la comète. C’est grâce à ce système qu’il va être possible de réaliser une « radiographie » complète de la comète.
La mission devrait se poursuivre au moins jusque fin 2015 amenant, on l’espère tous, de grandes avancées dans la connaissance de l’univers et de notre histoire lointaine…

(Photos: Copyright ESA)

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