Faire fi de l’orthographe des mots ! Les citer dans un sens apparemment interdit ! Ne tenir compte que de leur sonorité ! Tels sont les secrets de fabrication de la contrepèterie...

Venant de l’ancien verbe français qui signifiait "imiter par dérision", ce nom s’applique de nos jours à la permutation amusante de consonnes, de voyelles, de diphtongues, de syllabes, de mots ou de fractions de vocables. Un fin déguisement, une adroite mutation volontaire se distinguant nettement du lapsus, qui est une faute de langage (linguae) ou d’écriture (calami). Basé sur la classique anagramme phonétique, ce jeu d’esprit se montre souvent plus coloré, gaillard ou grivois, parfois même réprouvé par la morale. Pourtant, digne des acrostiches, calembours et autres palindromes, il fait le bonheur de ceux qui aiment L’ART DES MOTS !
 Déjà, au 16e siècle, le grand François Rabelais qui fut tour à tour écrivain, médecin et même curé, avait ouvert la voie en affirmant dans son Pantagruel que les vieilles bigotes estoient FOLLES DE LA MESSE à BEAUMONT-LE-VICOMTE. D’autres, le plus souvent restés anonymes, s’essayèrent aussi à cet exercice mais ce n’est vraiment qu’au  milieu du 20e siècle que commença à s’épanouir la maîtrise de l’antistrophe et de l’équivoque. 

En 1934, paraissait "La Redoute des contrepèteries", véritable anthologie en la matière signée Louis Perceau. Puis, en 1951, dans le Canard enchaîné, journal satyrique né trente-six ans plus tôt, apparut une rubrique hebdomadaire que son créateur Yvan Audouard appela d’abord "Sur l’album de la Comtesse Maxime de la Falaise". Pendant un temps, certains s’acharnèrent à vouloir y trouver une astucieuse contrepèterie. À tort d’ailleurs car, ainsi que l’a toujours affirmé l’auteur, cette noble dame existait bien sous ce nom.

Six ans plus tard lui succédait Luc Etienne, père de plusieurs livres et recueils faisant autorité en la matière, tels "L’Art du contrepet" paru en 1957. C’est lui qui lança les célèbres QUE JAMAIS NOS MOTS NE S’AVILISSENT et QUE NOTRE VERBE SOIT TOUJOURS EN JOIE. Ce qui inspira sans doute son ami Jacques Antel qui publia en 1975 son incontournable LE TOUT DE MON CRU !  À la mort de Luc Etienne en 1986, Joël Martin, un autre maître du genre et également auteur de plusieurs ouvrages, reprenait le flambeau. Depuis, c’est toujours lui la "comtesse".


Plus modestement, dans e-journal, sous l'action du regretté Jacques Defretin, celle-ci devient baronne mais conserve le même souci de faire chanter notre langue. C’est ainsi que son carnet nourrira régulièrement la rubrique "à contre sens" avec de réjouissantes figures de style. Parfois inédites, fréquemment inspirées de leurs œuvres, elles seront le plus souvent empruntées à ces orfèvres de l’harmonie du mot et du verbe.
 Pour éviter de rompre le charme de la découverte, la règle veut que l’on ne donne pas de traduction en clair. Toutefois, rien n’interdit que l’on repère les termes intéressés, ce qui se fait ici en les frappant en MAJUSCULES.

Alors, avec notre égérie, pour bien apprécier LA VIE DES MOTS, LUTTEZ CHAMPIONS ou PASSEZ LE MOT mais OSEZ L’UNION pour DÉCALER LES SONS. Vous comprendrez alors mieux comment NAÎT LE JEU et qu’user de tant de TERMES devient souvent un SPORT. Enfin, vous toucherez à la FINALITÉ DU CONTREPET, ce qui demande quand même un bon coup de PATTE quand il est à la CHAINE. 
J’arrête car… J’EVITE L’ABUS !


Que pensez-vous de "QUEL BEAU METIER PROFESSEUR !"
 

 

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